Dans le cadre du Groupe d’Études sur les discriminations et LGBTQI-phobies de l’Assemblée Nationale, co-présidé par les députés Emmanuel Grégoire et Éric Martineau, Trajectoires Jeunes Trans a pu échanger avec les députés et collaborateurs parlementaires de différents partis lors d’une journée de travail ayant pour thème les enjeux des jeunes trans, à l’occasion de la Journée Mondiale de Visibilité Trans, ce lundi 31 octobre 2025.
La première demi-journée a été l’occasion, pour les représentant·es des associations de personnes concernées partenaires de TJT, de discuter de la montée des discours et actes transphobes en France comme à l’international, et d’en évoquer l’impact psychologique sur le développement des jeunes visés par ces discours et violences. Comme une étude américaine de grande ampleur l’a démontrée, les lois anti-trans ont un effet très important sur la suicidalité des jeunes trans, allant jusqu’à une augmentation de +72% de tentatives de suicide annuelles. Cette demi-journée a été également l’occasion pour les associations de plaider pour un accompagnement bienveillant et inconditionnel des élèves trans, respectueux de leur identité de genre, tout au long de leur scolarité. Elles ont également exprimé le souhait d’une déjudiciarisation du changement de mention de sexe à l’état civil, la procédure actuelle étant longue et discriminatoire pour les personnes concernées, et par ailleurs inefficiente et très coûteuse pour les finances publiques comme l’a démontré récemment l’association Toutes des Femmes.

La deuxième demi-journée a fait intervenir plusieurs professionnel·les de santé de TJT, psychologue, pédopsychiatres et endocrinopédiatre, pour informer au mieux sur les débats actuels relatifs aux soins d’affirmation de genre des adolescent·es trans, et défaire les idées reçues qui y sont parfois volontairement propagées. Ainsi les soignant·es ont pu informer sur les approches affirmatives appuyées par les recommandations internationales et nationales (dont la SFEDP en France, l’ESPE en Europe, et l’AWMF dans les pays germanophones), elles-mêmes fondées sur les preuves. Les professionnel·les sont intervenu·es pour affirmer que contrairement à certains mythes médiatiques, les soins ne sont pas donnés trop vites ni sans évaluation ; que les bloqueurs de puberté ne sont fondamentalement pas « dangereux et irréversibles », et sont utilisés depuis des décennies chez les mineur·es non-trans ; et que dans l’ensemble des connaissances, les jeunes ne détransitionnent pas en grand nombre. Le rapport Cass est, sur ce dernier point, assez édifiant : sur 3306 jeunes trans reçus à la clinique Tavistock de Londres, moins de 10 d’entre eux ont détransitionné. Un seul d’entre eux avait reçu des traitements (bloqueurs de puberté). C’est un taux de détransition de 0,3 %. (Cass Review, page 168).
Nous remercions vivement les députés co-présidents du Groupe d’Études sur les discriminations et LGBTQI-phobies de l’Assemblée Nationale, Emmanuel Grégoire et Éric Martineau, pour l’organisation de cette journée d’études à cette date symbolique, ainsi que l’ensemble des député·es et collaborateur·ices parlementaires avec qui nous avons échangé et/ou avec qui nous aurons l’opportunité de discuter à l’occasion de la diffusion du compte-rendu de cette journée.
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