Dans cette étude co-auteurée par Annie Pullen Sansfaçon, membre de TJT, et collègues, 20 entretiens ont été menés avec des jeunes de 16 à 25 ans qui ont arrêté une transition de genre. Les résultats de l’analyse thématiques a abouti à l’identification de trois thèmes : « les modalités de genre non-linéaires », « la navigation des modalités sexuelles à travers les modalités de genre », et « faire face à la dysphorie et l’inconfort corporel ».
En lien avec des études précédentes, une grande diversité des parcours de transition et détransition existe, quand bien même l’échantillon est homogène du point de vue du genre d’assignation (essentiellement féminin). La cisnormativité – le présupposé selon lequel les assignés garçons vont grandir en hommes et les assignés filles vont grandir en femmes – peut également impacter le processus de transition en poussant les jeunes à suivre un parcours binaire. Pour les auteurs, des parcours et narrations trans peuvent être influencé·es par la cisnormativité pour créer une nouvelle influence normative appelée « transnormativité ». Cette transnormativité place des attentes de conformité et de cohérence sur les personnes trans, ce qui peut conduire à considérer la détransition comme un résultat à éviter. Par exemple, des participant·es ont pu ressentir la pression à « se prouver » en atteignant certaines étapes de transition, ou en suivant un parcours qui ne correspondait pas à leur identité authentique et parfois évolutive, menant à des transitions prolongées. Dans ce contexte, beaucoup de participant·es décrivent leur détransition comme une libération des normes de genre.
Les modalités sexuelles sont diverses et fluides. L’exploration de l’orientation et de l’identité sexuelles ont mené les participant·es à questionner le genre, préalablement à leur transition. Pour certain·es participant·es, l’attirance pour des personnes de même genre paraissait parfois inconcevable ou rattaché à une non-conformité au genre. Après transition, certain·es participant·es ont ressenti un inconfort du fait d’être perçu·es comme cisgenres et hétérosexuel·les.
Les auteurs notent enfin plusieurs issues possibles à la détransition en termes de vécus corporels : un sentiment de relatif confort corporel ; la résurgence d’une dysphorie de genre vécue pré-transition ; le développement d’une dysphorie « inversée » émergeant des modifications corporelles de la transition et persistant au-delà de la détransition.
En appui de ces données, les auteurs recommandent notamment de discuter et déconstruire les présupposés hétéronormatifs et cisnormatifs au plus tôt avec les enfants créatifs dans le genre, afin de normaliser des modalités sexuelles et de genre diverses, et prévenir l’homophobie internalisée. Ces interventions doivent demeurer non-coercitives : les jeunes ne doivent pas se voir imposer ces sujets de discussion pour accéder aux soins d’affirmation de genre.
Pour lire l’étude, cliquer ici.
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