Nous vous en parlions il y a peu, une nouvelle étude de la Dre Kristina Olson et ses collègues de l’Université de Princeton, désormais publiée dans JAMA Pediatrics, se penche sur les expériences à long terme des jeunes trans, 6 à 10 ans après leur transition. Les résultats montrent que ces jeunes, ayant commencé une transition à un âge précoce, sont très satisfait·es de leurs soins, et sont très peu nombreux·ses à les regretter. Cette étude utilise des méthodes novatrices pour éviter les pertes de suivi, souvent critiquées car elles masqueraient des regrets massifs.
L’étude, qui a recruté ses participants entre 2013 et 2017, a suivi 317 jeunes qui avaient 3 à 12 ans au début de leur prise en charge et déjà réalisé une transition sociale. Sur ces 317 jeunes, au fil des années, 269 ont reçu des soins d’affirmation de genre (bloqueurs de puberté et/ou hormones). Parmi ces dernier·ères, en 2023, 220 participant·es – les jeunes ou leurs parents – ont répondu à une enquête, révélant des taux élevés de satisfaction chez les jeunes (idem chez les parents) : 6,38 points sur une échelle allant jusqu’à 7 pour les bloqueurs de puberté ; 6,67 points de satisfaction pour les hormones. 94 % des jeunes ont trouvé que les bloqueurs de puberté ont été prescrits au bon moment (en moyenne à 11 ans), voire auraient préféré plus tôt ; et 96 % des jeunes ont trouvé que les hormones ont été prescrites au bon moment (en moyenne à 13 ans), voire auraient préféré plus tôt. Les parents ont des préférences très similaires sur ces sujets.
De plus, les taux d’interruption des soins étaient très faibles, avec seulement 3 % des participant·es ayant arrêté leurs soins d’affirmation de genre. Le taux de regret pour l’un ou l’autre des soins était de 4 % (9 jeunes), dont la moitié a continué néanmoins les soins (5 jeunes). Les chercheurs ont également montré que le taux d’interruption de soins chez cell·eux qui n’ont pas répondu aux enquêtes (n = 49) était similaire à celui des répondant·es, réfutant ainsi les arguments selon lesquels ces absences seraient dues à des expériences négatives massives.
Enfin, cette étude s’inscrit dans une tendance plus large d’études à long terme qui montrent que les taux de désistance ou de détransition sont très bas chez les jeunes transgenres. Des études similaires menées en Australie, aux États-Unis, ou aux Pays-Bas, confirment également ces résultats. Ces recherches montrent que les arguments en faveur d’un besoin de suivis plus longs ou de restrictions sur les soins aux jeunes trans manquent de fondements solides. Les preuves s’accumulent en faveur des bienfaits des soins affirmant le genre, tandis que des études démontrent les impacts dévastateurs des lois anti-trans sur la santé mentale des jeunes.
Pour lire l’étude, cliquez ici.
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